L’enfer des micro billes

N’ayons pas peur des mots, ces micro billes sont bien un enfer pour la planète et la santé !

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Tout d’abord une petite explication, on parle ici de micro-sphères dont la taille est comprise entre 0,1 mm et 0,15 mm, constituée de la même matière que les sacs en plastique, pailles et pare choc (selon leur taille) non bio dégradables. Elles ont été crées dans les années 70 et ont connues leur véritable essor dans les années 90.

Les plus fines donnent de la fluidité et/ou un effet pailleté aux crèmes, gels hydroalcooliques, fond de teint, shampoing, déo, dentifrices, (6% de cosmétiques sont concernés)… les plus épaisses servent d’exfoliant (75% des produits sont concernés). Selon Greenpeace, un simple tube de crème peut en contenir jusqu’à 300 000 soit une vingtaine de grammes. On les retrouve essentiellement en cosmétique, mais également dans les produits ménagers, la lessive, les peintures.

Sur les 5 à 12 millions de tonnes de plastique déversées chaque année dans les océans, « ces petites billes sont probablement les plus dangereuses« , estime Erik Van Sebille, océanographe à l’Imperial College de Londres. En effet, elles sont si petites, qu’elles ne sont pas retenues par les filtres de traitement des eaux usées. Au cours de leur parcours, elles absorbent d’autres polluants et finissent leur vie dans les cours d’eau et les océans, intoxiquant micro-plancton, crustacés et poissons qui les prennent pour du plancton (oui oui, votre filet de dorade contient probablement sa dose de plastique !).

Qui plus est, nombre d’entre elles transportent des microbes et agents toxiques, car comme des aimants, ces microplastiques attirent les polluants organiques persistants.

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Et le pire est à venir, selon des ONG : « D’ici 2025, pour trois tonnes de poisson, il y aura une tonne de plastique » dans les océans, affirme John Sauven, directeur général de Greenpeace pour le Royaume-Uni, citant une étude de la Fondation Ellen McArthur.

Source: ici

Histoire d’en rajouter une couche : il semble que le plastique utilisé pour ces micro billes soit extrêmement résistant, l’océanographe précédemment cité, précise qu’il a observé des échantillons de ces billes de l’enfer qui ont déjà plusieurs décennies.

Rappelons qu’en France, seuls 20% du plastique est recyclé et que ces micro billes sont symboliques d’un mal bien plus grand. En effet, la pollution causée par les micro-plastiques, ces débris de plastiques issus de la dégradation des gros déchets est bien plus significative.

Sous la pression d’un grand nombre d’ONG, de plus en plus de marques cosmétiques s’engagent à ne plus ajouter ces billes à la composition de ses produits. Unilever en 2012, BodyShop, Colgate en 2015; d’autres comme L’Oréal ou Procter sont beaucoup plus lents à mettre en place ces bonnes pratiques. La France a dernièrement voté un texte qui prévoit l’interdiction des micro-billes de polyéthylène dans plusieurs produits d’hygiène et de beauté (gommages, shampoings, gels douche, dentifrices) à l’horizon 2018.

Mais ne nous voilons pas la face, la mise en place effective prendra du temps et cette mesure ne concerne pas l’ensemble des produits concernés.

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1/ Je privilégie l’option radicale, en ne consommant plus que de la cosméto slow, bio et naturelle. Plus de crème mais des huiles végétales, plus de gel douche mais uniquement des savons saponifiés à froid, des savons solides ou labellisé Nature et Progrès et pas de maquillage. Et ma lessive est faite par mon Papa !

Vous pouvez trouver l’ensemble de ces produits ici. Des produits uniquement bretons ici, l’ensemble des huiles végétales et essentielles que j’utilise au quotidien , du zéro déchet et produits solides par ici, des savons géniaux par là, pour les cheveux ici ou . Je ferai un autre article plus détaillé si le sujet vous intéresse. Pas mal de blogs en parle également ici, ici ou encore .

En plus d’éviter les micro billes, ces produits sont souvent très peu emballés, on fait profiter les petits producteurs plutôt que les grosses machines industrielles. Meilleure pour notre santé et la planète, que demander de plus ?!

Cette solution pouvant paraître un peu extrême, voici quelques alternatives :

2/ Télécharger cette appli, qui permet de scanner les codes barre de vos produits préférés pour savoir si les micro billes entre dans la composition.

3/ En magasin, choisissez les produits qui propose des exfoliants naturels (sucre, marc de café, poudre de noyaux d’abricots), ou optez pour un bon gant de crin !

4/ On peut également fabriquer soit même son exfoliant, quelques recettes ici, ici ou . Super rapide !


Sources :

http://www.qqf.fr/infographie/44/microbilles#

http://www.lefigaro.fr/sciences/2014/06/27/01008-20140627ARTFIG00357-pollution-marine-les-microbilles-cosmetiques-dans-le-viseur.php

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3 Comments

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