#2 Thon rouge, crevette et quinoa – Les produits qui sont des désastres écologiques et par quoi les remplacer

On continue la série pas très drôle, puisque vous regarderez ensuite vos salades d’avocat, votre banane et le nutella du goûter d’un autre œil ! Mais comme on n’est pas du genre à faire l’autruche par ici autant tout savoir de l’impact de notre consommation sur l’environnement et surtout trouver des alternatives au moins aussi bonnes pour compenser !

Pour rappel on avait commencé la série avec l’avocat et le Nutella, à lire ici.

Certains verront une vie sans sushis et quinoa (entre autres) comme une vie de frustrations, je le vois plutôt comme du respect :

  • envers la nature et cette planète qui nous accueille,
  • envers ceux qui sont à l’autre bout de la chaîne de production ou qui souffre des conséquences de cette production,
  • envers les générations futures, je ne pense pas être la seule à vouloir un jour des enfants, et l’idée de les accueillir dans un monde pour qui le kiff de manger un avocat tous les jours vaille déforestation, sécheresse et pollution ne m’enchante pas vraiment.

Alors vous verrez que l’état des lieux démoralise un peu et en rédigeant cet article il se peut que quelques « monde de merde » se soit échappés ! Mais justement on a tous le pouvoir de ré équilibrer la balance ! Ne gaspillons pas ce pouvoir et mettons le en pratique des maintenant.

Toutes mes sources sont indiquées en fin d’article.


Le thon rouge

Etant végétarienne je ne me prive pas vraiment, mais je me dois de vous informer ! C’est le scandale de 2006 dénoncé par Greenpeace (je parle souvent de Greenpeace, je suis une grande fan !) qui a déclenché ma prise de conscience sur la nécessite de protéger activement la nature qui nous entoure ! Souvenez-vous, ils avaient libéré des milliers de thons rouges en cassant les filets des fermes d’élevage en Méditerranéenne. Un des activistes s’étaient même pris un harpon dans la jambe en 2010.. bref des gens biens ces thoniers.

thon rouge stop greenpeace.png

Une méthode de pêche critiquable

Jusque dans les années 70, la pèche était artisanale et avait un impact non significatif sur les stocks de ce fameux thon. Puis la technique de pêche à la senne est apparue, la senne est un long filet circulaire qui permet d’encercler des bancs entiers et de capturer jusqu’à 100 tonnes d’un seul coup. « La pêche s’est alors intensifiée et concentrée sur les zones de reproduction du thon rouge. On estime que le nombre de thons rouges a diminué de plus de 80 % en quelques décennies. »

Aujourd’hui on en parle moins, mais suite aux campagnes très médiatiques menées par plusieurs ONG, la tendance à la pêche intensive s’est inversée dans les années 2010 grâce à une baisse significative des quotas et du nombre de navires industriels actifs et des contrôles renforcés. La population de thons rouges a commencé à se reconstituer, et ce cap doit être maintenu car le stock n’est pas encore à son niveau d’équilibre.

Par quoi remplacer le thon rouge ?

En termes de substitut Greenpeace nous rédige un article très intéressant à ce sujet en conseillant quelles espèces consommer mais également à quel moment de l’année et selon quels types de pêche.

En deux mots il faut varier les menus car le saumon et le cabillaud représentent plus de 50 % de la consommation française en évitant le thon rouge, requins, les poissons de grands fonds comme le flétan, le grenadier ou l’empereur ; limitez aussi votre consommation de grands prédateurs comme le thon tropical ou le cabillaud.

Quant au mode de pêche, pour ceux qui achètent leur poisson chez le poissonnier je vous invite à lui poser directement la question. S’il reçoit tous les jours des demandes sur la façon dont sont pêchés ses produits, il deviendra de plus en plus pointilleux sur sa marchandise.

Les crevettes thaïlandaises

Des pêcheurs esclaves

J’ai eu l’occasion de lire ce livre : Nous, les innommables, Un tabou Birman de Habiburahman, qui raconte l’épopée d’un migrant Rohingya, il se trouve à un moment de sa cavale prisonnier d’un bateau de pêche de crabes et crevettes thaïlandais et les conditions qu’il décrit sont atroces. Un bol de riz par jour comme repas, 18h de travail par jour, un travail très dur physiquement, des coups et tortures en permanence, des menaces de se faire jeter par-dessus bord pour un simple regard. Le tout évidement sans salaire car on parle bien d’esclavage. L’auteur raconte que ses compagnons de galère y étaient depuis plusieurs années. Des photos saisissantes de cette situation infernale ici.

bateau crevette thailande escalve.png

France Inter a fait une belle chronique de ce livre, à écouter ici, pour les cœurs bien accrochés…

D’un point de vue écolo, Consoglobe précise que « ces respectables patrons de pêche ne font pas dans la dentelle : leurs filets pêchent et remontent tout ce qu’ils trouvent, sans distinction aucune. Les prises trop petites et interdites ou non comestibles sont utilisées sous forme de broyat qui finira comme matière première alimentaire dans des élevages de scampis et crevettes. »

Quelles alternatives aux crevettes Thaïlandaises ?

Aujourd’hui le réseau commercial est tellement complexe et repose sur tellement de sous-traitants qu’il est difficile de pouvoir tracer la provenance des crevettes provenant de l’étranger : une seule alternative à mon sens, consommer français et si possible avec des labels de pêche responsables (l’association Bloom qui fait un travail génial nous précise ici les labels trompeurs) .

Et éviter les produits fourre-tout type surimi, tarama, boulettes de la mer et autres joyeusetés, qui font essentiellement appel à des produits peu chers et donc potentiellement à ce genre de filière, effectivement peut-on trouver moins cher qu’un esclave ?

Pour information notre fleuron français Carrefour a été épinglé par une enquête du Guardian, comme étant un des clients d’une plateforme thaïlandaise ayant recours de façon prouvée à ces bateaux esclaves. Une raison de plus, s’il en fallait de se détourner de ces hypermarchés et de retourner aux circuits courts, soutient de nos petits producteurs locaux.

Le quinoa

Oui je sais, vous vous demandez ce que vont manger les bobos parisiens (dont je fais partie) à la fin de cet article ! Ne vous en faites pas, plein d’alternatives sont possibles !

La culture

Pour vous donner un ordre d’idées, la Bolivie et le Pérou produisent à eux seuls plus de 90% du quinoa mondial. Autant dire que toute hausse de la demande a un impact direct sur l’agriculture de ces pays. La hausse significative de la demande européenne et américaine a créé une flambée des prix (x12 en 60 ans, dont seuls 20 000 agriculteurs auraient profité car seules certaines variétés de quinoa s’exportent) et un climat commercial plus compétitif, qui s’est traduit par la propagation de pratiques agricoles non durables menaçant la viabilité à long terme de cette culture. Tension autour du foncier entraînant conflits et désorganisation communautaire, surexploitation et appauvrissement des terres, culture du quinoa sur des terres habituellement dédiées à la culture vivrière ou à l’élevage, érosion des sols accélérée,…

Ne voyons pas tout en noir, ce développement a également fait augmenter le niveau de vie moyen localement et a véritablement fait sortir certaines exploitations de la misère mais la consommation de quinoa n’en reste pas anodine.

Quelles alternatives au quinoa d’Amérique du Sud ?

J’ai pas mal lu d’alternatives évoquant un début de culture du quinoa en Anjou, mais Up Inspirer nous calme tout de suite : « Une production non-bio, émettrice et accompagnée d’un brevetage des semences. L’agronome a l’exclusivité sur le commerce et la culture des 3 variétés qu’il produit. Est-ce mieux en termes environnemental et social ? »

S’il ne faut pas boycotter complètement le quinoa d’Amérique du Sud, peut-être faut-il en consommer moins et le privilégier issu de commerce équitable ?

Les céréales françaises ou européennes, bien que n’étant pas toujours équivalentes en terme de bienfaits pour la santé sont toutes aussi bonnes au gout : sarrasin, orge perlé, boulgour, couscous d’épeautre,

Allez faire un tour en magasins bios, la diversité des céréales vous surprendra !

 

 

 

 


Sources

  • https://www.greenpeace.fr/huile-de-palme-des-entreprises-un-peu-plus-respectueuses-des-forets/
  • https://www.greenpeace.fr/poissons-consommer-nuire-a-planete/
  • http://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/33996/top-10-des-pires-aliments-planete
  • http://www.leparisien.fr/international/thon-rouge-affrontement-entre-greenpeace-et-des-pecheurs-05-06-2010-952162.phphttps://www.greenpeace.fr/thon-rouge-greenpeace-agit-pour-liberer-les-thons-en-mediterranee/
  • http://www.slate.fr/story/88321/crevettes-esclaves
  • http://www.consoglobe.com/crevettes-esclaves-modernes-cg
  • http://www.bloomassociation.org/nos-actions/nos-themes/campagne-peche-durable/les-labels-trompeurs/
  • http://geopolis.francetvinfo.fr/peche-a-la-crevette-les-esclaves-de-l-industrie-thailandaise-105187
  • http://www.osi-perception.org/La-Quinoa-la-graine-star-de-l.html
  • http://www.responsability.com/investing/data/docs/fr/15567/rA-Case-Study-Quinoa-FR-final.pdf
  • http://www.up-inspirer.fr/31799-avocat-quinoa-faire-face-aux-contradictions-bien-manger

2 Comments

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